Journal d'une Future Ex Cadre Sup

Je me casse

Migration, amélioration…attente…désagréments…attente…invasion de com de pub à la con
Je ne me sens plus chez moi, je ne me sens plus à l’aise ici.
J’ai fait mes bagages. Je m’en vais.
Voici ma nouvelle adresse  Retrouvez moi là bas pour la pendaison de crémaillère, j’espère que vous ne me laisserez pas tomber.
A tout de suite

7 Commentaires 23.4.06 19:00, Commenter

J’ai vendu mon âme au diable

Le summum de la compromission serait de faire ce que j’ai fait hier. Je suis retournée dans mon ancienne école d’élite. Jusque là tout va bien. J’aurais pu après tout avoir envie d’y passer pour profiter de la vue sur mer ou…(je ne vois rien d’autre d’intéressant là bas). Rien de tout cela.

Dès le réveil, des aigreurs d’estomac m’ont empêché d’avaler une seule gorgée de mon café. J’ai enfilé mon plu beau costume de cadre sup et sur le chemin de l’école des nausées insoutenables m’ont accompagnées, du genre de celles qui te brûlent comme après avoir avalé une demi bouteille de vin et fumé deux  paquets de clopes à jeun.
 
Ma super multinationale vient de conclure un partenariat avec mon ancienne école de com. C’était une de ses journées où les entreprises viennent en mettre plein les yeux à des jeunes pas encore diplômés qui se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir faire de leur vie.
J’y étais pour témoigner de mon expérience hors du commun : comment cette école m’a formé en me rendant méga intelligente et comment grâce à ça ma super boite m’a recruté et je suis super épanouie depuis que je bosse dix heures par jours et j’adoooore ce que je fais. Merci mon école, merci ma boite.
 
J’ai vomi après ma présentation

23 Commentaires 21.4.06 10:28, Commenter

Pour le nom de mon entreprise : Tapez 1…

Pour ceux qui s’en souviendraient, je suis en phase de création d’entreprise (ça ne se voit pas souvent c’est vrai, mais je vous jure que j’y travaille).

J’entame une phase très terre à terre de mon projet. Je dois me décider pour le nom de ma boite pour commencer à chercher quelqu’un qui me travaille un logo pour faire des jolis papiers à en-tête pour faire de magnifiques demandes de thunes pour être plus crédible pour aller m’enregistrer au registre du commerce pour que le nom de mon entreprise apparaisse au journal officiel pour qu’elle existe enfin !

Choix possibles : EDITIONS FIL ou FIL EDITIONS

Si certains peuvent aller jusqu’à dire ce qu’ils pensent de ce nom ça me ferait plaisir. Je ne peux biaiser votre avis en vous expliquant pourquoi FIL, je le ferai dans les coms (parce que c’est une grosse blague de gamine très personnelle qui ne fait rire que moi mais comme c’est ma boite, je peux enfin faire ce que je veux)

63 Commentaires 19.4.06 00:24, Commenter

Que faut-il faire quand…

…à chaque réunion de famille, les vieilles peaux me pinçaient les joues en me demandant ‘Qu’est-ce que tu préfères, la France ou la Tunisie ?’.

…à l’âge de 5 ans, j’assistais, à quelques mois d’intervalle, à la communion de mon cousin David et à la circoncision de mon cousin Amine.

…à l’école primaire, mes camarades de classe lorgnaient avec insistance les saucisses-purée dans mon panier de déjeuner préparé par ma maman en me demandant : ‘C’est péché ce que tu manges ?’.

…chaque Ramadan ma chef essaie de me convertir (surtout parce que ça fera une bonne action inscrite à son actif chez le bon dieu).

…on me reproche de snober les gens parce que je n’ai pas d’accent quand je parle français.

Rien. Juste apprendre à faire avec.

 

53 Commentaires 16.4.06 22:10, Commenter

Voyage d’affaire à ne pas faire

Ce qui est sympa dans les grandes multinationales, ce sont les voyages de formation. Mondialisation oblige, on nous regroupe chaque fois dans un pays pour s’assurer qu’on raconte bien les mêmes histoires partout dans le monde.
C’est comme ça que j’ai atterri à Istanbul. C’est assez impressionnant de rencontrer mes homologues venus d’ailleurs, de voir comment on module le message mensonger d’un pays à l’autre pour être conformes aux contraintes culturelles.
Ce qui est moins drôle par contre, c’est qu’on se retrouve avec ses collègues 24h/24 alors qu’on a déjà du mal 10h par jour en temps normal.
Pour nous remercier de notre dévotion à la cause de l’Entreprise, on nous a offert un jour off pour visiter la ville. Ne voulant faillir au sacro saint esprit d’équipe, nous avons décidé de passer la journée ensemble. Des fois je devrais penser à réfléchir un peu.
On se fixe un petit programme de visites selon les conseils de nos collègues turcs, l’idée étant d’éviter de se farcir les circuits touristiques qui sonnent toujours faux. Plan en main on entame le tour. Mes collègues insistent pour qu’on s’arrête au Mall, les centres commerciaux de cette dimension n’existant pas chez moi, me promettant qu’on n’y passerait pas plus d’une heure suite à mes menaces de les lâcher, je n’avais aucune intention de ma farcir les magasins. On en ressort trois heures plus tard. Mes nerfs commençaient à me chatouiller. On part se balader dans le quartier de Taksim, ça grouille, c’est vivant. J’aime beaucoup m’imaginer vivre dans les endroits que je visite, je ne suis pas fan des musées, je préfère me prendre pour une turque, juste un peu pour voir. J’aime ressentir l’ambiance, le bruit, les parfums, entendre les gens parler même si je ne comprends rien.
Ben tu rêves cocotte ! Pour toi ce sera re-magasins. Le seul stress de mes collègues était de ne rien avoir acheté. Je ne comprends pas. A une époque c’est vrai, on trouvait peu de choses en Tunisie. Chaque voyage était une occasion de s’offrir des fringues ou des confiseries. Mais c’était il y a quinze ans. Quel est l’intérêt d’aller dans un endroit aussi loin pour se refaire exactement les mêmes boutiques qu’on a déjà chez soi ? Et cette espèce de psychose d’avoir raté quelque chose. Après tout cela, il a fallu que je me tape des remarques du genre ‘Pourquoi tu ne dis rien, pourquoi tu fais la tête ?’. Mais je vous emmerde. Je ne suis pas venue jusque là pour qu’on me saoule avec les derniers potins du bureau.
Au moins je sais à quoi m’en tenir et que ça me serve de leçon la prochaine fois.   

46 Commentaires 13.4.06 23:12, Commenter

Coming Out (Partie 3) : Comment j’ai fini Menteuse Pro

De retour chez moi, j’ai dû passer l’épreuve des ‘Oh la pauvre chérie, elle n’a pas réussi à Paris, pourtant c’était une très bonne élève’. Si, j’ai réussi Connasse ! C’est dingue ce que quelqu’un qui revient de France est perçu ici comme un looser. Heureusement pour ma vitrine vis-à-vis des autres, je me suis retrouvée à HEC Carthage. Bref éclaircissements sur le système d’études supérieures : Mises à part les écoles d’ingénieur, pour tout le reste, ton seul et unique concours c’est ton bac. On remplit une grille de 12 choix et on te place là où on le décide pour toi. Tu as toujours rêvé de faire architecture, ben pas de bol tu n’as eu que Assez Bien au bac, tu iras faire de l’économie à l’ESSEC. Donc dans l’ordre, les meilleurs se retrouvent en médecine, les suivants font HEC… et ainsi de suite.

HEC Carthage…Ah Carthage…Salles de classe en haut d’une falaise, escaliers donnant accès à la plage, les terrasses de café ensoleillées de Sidi Bou à dix minutes (là faut imaginer le bruit du disque qui se raye car la magie finit ici)

Résultat des exams du premier semestre…Maths : 0.25 - Micro : 6 – Gestion : 10… (ce sont en effet des notes sur 20). Euh, je pourrais avoir ma copie, ‘NON !’, bon ben juste la voir alors ‘NON !’, une petite correction que je comprenne où j’ai merdé ‘J’AI DIT NON’. J’essaie de me rattraper au second semestre, je rends de jolies dissert’ avec des jolis arguments comme je savais si bien le faire au lycée (pour les maths, j’ai vite lâché l’affaire ; avec mon pauvre bac français, j’avais deux ans de retard sur les autres). Résultat, je retape ma classe. Excellent pour le moral ! Je me permets de rappeler que je venais déjà de me vautrer l’année précédente. Ah ben oui, la vie d’étudiant, ‘les plus belles années de ta vie’ m’a-t-on dit. J’ai pris mon temps.

C’est après que j’ai compris le fonctionnement du système : recracher mot à mot mon cours sur mes copies. Je suis passée maître dans l’art des fausses copies.

M’en foutais, fallait absolument que je sorte de là. Vous imaginez pendant cinq ans pas un prof n’a parlé d’actualité, de journaux ou de bouquins à lire, jamais de discussion en cours, juste du bachotage bête et méchant. ‘Vous êtes l’élite de la société, vous êtes les futurs dirigeants du pays’ nous ont-ils dit le premier jour. Il est mal le pays !

Comme d’hab, j’ai suivi les orientations non pas parce qu’elles me plaisaient mais parce qu’elles étaient les moins chiantes. Un stage d’été. La même boite me rappelle l’année suivante alors que j’attendais encore mes résultats. Tu reviens ? Pourquoi pas ? (ce n’est pas le genre de boîte qui se refuse)

Et voilà mon calvaire achevé. Je n’ai pas vu passer ces cinq années de ma vie. Maintenant que j’y repense, je me dis que je reviens de loin.

67 Commentaires 6.4.06 20:43, Commenter

Mon coming out (Partie 2) : Veni, vedi et vite partie

Je n’ai aucune ambition. J’ai toujours entendu autour de moi des gens qui voulaient être pilote, médecin ou avocat. Pas moi. Ah si, petite je voulais être facteur puis détective privé durant ma période Alice (Bibliothèque verte). C’est tout. Mes notes dans toutes les matières étant plus qu’acceptables, je ne me suis jamais retrouvée coincée dans mes orientations. Aucun intérêt pour les sciences, je me dirigeais tranquillement en section littéraire mais Monsieur Soudan (mon prof d’option éco) a croisé mon chemin en seconde. Il est beau M’sieur Soudan. J’ai donc eu un bac ES. Et puis j’ai eu Monsieur Collombet en histoire géo en terminale (M’sieur Collombet si tu nous regardes, t’étais super). Me suis retrouvée en 1ère année de DEUG de géographie à Paris 1, dans un charmant bâtiment rue Tolbiac. Une année, une mention assez bien et une petite dépression plus tard, je suis rentrée chez moi retrouver mon soleil, mon amoureux et tout le reste. La géo, c’est passionnant mais ça ne sert pas à grand chose.

Flash back : J’ai toujours eu du mal à accepter notre installation ici. Qu’est-ce qu’ils sont allés foutre chez les sous-dev. mes parents ? Chaque vacance, j’allais en France et les retours étaient vécus comme des retours au bagne (les valises pleines de chocolat, de fromage et de saucisson). Un seul objectif : mon bac et je me tire. J’étais tellement déterminée que personne n’a essayé de me faire changer d’avis, ni mes parents, ni mon amoureux (ça faisait trois ans qu’on était ensemble et je lui avais toujours dit que je le larguerai après le bac, sympa non ?).

Ah Paris ! Au bout de trois jours j’ai voulu rentrer chez moi. Pas possible. Merde ! Vous savez que Tolbiac est la fac qui enregistre le plus de suicides en France ? J’ai passé des mois dans un état second. Ces gens qui pleurent tout le temps sans aucune raison. Je maigrissais à vue d’œil. Plus le goût à rien. Je pleurais et j’écrivais (des lettres à mon amoureux). Je n’ai jamais pris la peine de remercier ceux qui m’ont supporté à ce moment (Guillaume je sais que tu passes par là de temps en temps).

Ma déception était sans mesure. Quand on passe son adolescence à vouloir refaire le monde, à mettre tous ses espoirs dans un seul objectif et se vautrer de la sorte… Des regrets j’en ai eu mais ça valait la peine. Je vais bientôt me marier, avec mon amoureux, le même depuis ma seconde.

(si cette partie ne fait pas trop gnangnan, je vous raconterai comment j’ai fini menteuse pro… à l’insu de mon plein gré

 

40 Commentaires 4.4.06 21:42, Commenter