Journal d'une Future Ex Cadre Sup

Mon coming out (Partie 1) : Née le cul entre deux chaises

J’arrive à un moment dans ce blog où je patauge un peu. J’essaie tant bien que mal d’y transcrire ce passage (qui je l’espère très fort aboutira à quelque chose de solide) de ma vie peinarde de cadre sup’ à la galère de la création d’entreprise. Pour ceux qui me suivent depuis un moment (et je vous en remercie) vous avez dû remarquer qu’il manque certains éléments…du décor.

Même si c’est un vrai secret de polichinelle, je vous remercie tous d’avoir joué le jeu et respecté mon petit secret en attendant que ce soit clair dans ma tête. Le décor, disais-je : 28°C aujourd’hui, la plage à 20minutes du bureau, jasmin et thé à la menthe, on parle très fort souvent avec les mains…

Je vais vous raconter cette petite histoire depuis le début qui expliquera peut-être comment j’en suis arrivée là (Comment ça ‘venez on se casse !’…je prends le risque)

J’ai vu le jour une belle journée du printemps 1979 à Colombes (92). Mes analyses de sang révélaient un formidable mélange, français par mon papa, tunisien par ma maman…de sol et de sang comme disait l’autre. Je me destinais à une jolie petite vie de beurette (peut-être), on aurait pu me compter dans les statistiques d’intégration.

Oui mais voilà, mes chers parents jugeant qu’ils n’allaient pas tenir longtemps au rythme métro-boulot-dodo-marmot prirent leurs affaires et allèrent s’installer sous des latitudes plus clémentes. Il m’a fallu 20 ans pour comprendre ce choix. Du haut de mes cinq ans, je passais de ma petite maternelle française où je remplissais mes journées entre coloriage de père noël et Au clair de la lune à l’école coranique de mon quartier. Oh ! Aucune prédisposition religieuse. C’est juste que mes parents étant occupés à galérer pour s’installer et ma grand-mère ayant déjà ma petite sœur dans les pattes, fallait bien m’occuper quelques heures dans la journée vu qu’en plein milieu d’année, aucune école ne voulait de moi. Je n’y suis pas restée longtemps. J’ai dû définitivement abandonner mes goûters  chocolat et barquettes de LU, pas de chocolat à l’époque et seulement deux sortes de biscuits secs et infects.

Après ça j’ai fait mon primaire chez les bonnes sœurs (ma famille adore le mélange des genres) et mes études secondaires au Lycée Français de Tunis (ça c’était la classe). Trois catégories d’élèves : les gosses d’expat (étrangers), les gosses de riches (tunisiens) et les gens comme moi ; ça s’appelle ‘enfants de couples mixtes’, plus concrètement ceux à qui les parents ne voulaient pas imposer leurs choix et leur laisser l’opportunité de repartir. Que je me la pète un peu, l’année de mon bac, mon lycée était classé 5ème lycée de France (si on incluait les lycées français à l’étranger).

Autant vous dire qu’après tout ça, on n’a pas le cerveau très…comment dire…conforme

(La suite la prochaine fois…si ça vous intéresse)

62 Commentaires 2.4.06 21:07, Commenter

J’ai dû m’endormir en cours

Des fois quand j’entends les décisions que prend le board de ma boîte je me demande s’ils sont vraiment idiots ou si c’est moi qui suis trop bête pour comprendre.

Mon entreprise vient de racheter un de ses principaux concurrents sur la branche d’activité dans laquelle je bosse. Je viens d’apprendre qu’ils vont virer tous les menteurs pro de ce concurrent (et là j’ai déjà super honte de bosser ici) mais ils n’ont pas l’intention de recruter un seul menteur pro en plus dans notre équipe. Déjà qu’on a du mal à gérer avec la charge de travail actuelle que dire avec tout le portefeuille du concurrent.

Si ça s’arrêtait là…Nous sommes en train de mettre à mort quelques unes de nos marques : elles ne font certes pas un chiffre énorme mais elles se portent plutôt bien. Je sais que j’ai toujours été une tare en maths mais normalement quand tu rachètes un concurrent c’est pour faire encore plus que ce que tu ne fais à l’heure actuelle. Or si tu coules la moitié de tes marques, tu n’auras jamais l’additionnel escompté.

Putain de merde ! Et c’est la dedans que je bosse ! Ils vont virer des gens à tour de bras tout ça pour que les arrondis de leurs chiffres soient ‘vendables’. Chacun est en train d’essayer d’entuber l'autre pour prouver que le succès du rachat, c’est lui ! A qui aura la meilleure part du gâteau. Ca fait des messes basses dans les couloirs, ça élabore des stratégies à deux balles. Ca pue !

20 Commentaires 29.3.06 12:35, Commenter

Mon bordel

Hier soir, je me suis réservée une soirée entièrement pour moi, me faire plaisir et faire uniquement ce dont j’avais envie étaient les mots d’ordre.

Premier point, rester seule. M’écouter penser. Ne parler à personne. Pas de téléphone. Le silence. Je rentre du boulot et je balance toutes mes fringues par terre : la jolie chemise repassée en boule, le pantalon en accordéon. Je les regarde dans ce triste état et je souris. Pire encore je choisis mon pyjama tout moche et tout dépareillé mais dans lequel je suis tellement bien. Je me prépare un bon dîner, recette tirée de mon nouveau livre de cuisine, toujours en silence. Je mets une jolie table et m’installe dîner, toute seule, en appréciant manger quelque chose de sain, bon et préparé par mes petites mimines. Je laisse tout comme ça, surtout ne pas ranger, ne pas faire la vaisselle, ça gâcherai tout.

Et puis le clou de ma soirée : deux épisodes de NCIS et deux de Missing. Je suis vautrée sur mon canapé et j’ai l’impression que mon cerveau se liquéfie : j’adore ce genre de séries qui m’empêchent de réfléchir, mon cerveau est en mode pause.

Je finis par me traîner dans mon lit, me prends les pieds dans mes affaires toujours par terre, très contente de cette soirée exquise.

Et puis j’y réfléchis deux secondes et je prends peur. Je dois tellement écouter les conneries des uns et des autres durant la journée, réunion, téléphone, ça gueule dans les couloirs…je ne veux plus entendre personne. Et mon déguisement à la con que je dois porter genre ça va me rendre plus intelligente. Et l’ordre. Je suis ce genre de personne plutôt méthodique dans mon travail, tout est si bien ordonné, à sa place. Voir le bordel dans ma chambre en rentrant me fait du bien.

19 Commentaires 24.3.06 10:32, Commenter

Quelque part sur Terre

J’ai donc passé mon week-end à choisir les photos du livre avec mon photographe. Ca donnait des situations un peu étranges :

- Celle-ci on la garde ?

- Non mon cher photographe, elle est pas top

(la honte de parler à mon père comme ça, il paraît que je ne suis plus la même personne quand je parle boulot)

- On ne pas garder ça, ça fait trop carte postale

- Carte postale ou pas si on veut compter sur les hôteliers comme clients potentiels, on ne peut pas zapper cet endroit (je vous laisse deviner qui a dit quoi dans cette réplique)

- Tu veux bien aller mettre la table.

C’est pour des moments pareils que je sens que je vais adorer ce boulot.

27 Commentaires 22.3.06 00:40, Commenter

Premiers essais

Pour ceux qui s’en souviendraient encore, la naissance de mon blog était motivée par un projet qui me tient à cœur : ma propre maison d’édition. Vous avez même suivi quelques unes de mes péripéties mais c’est vrai que c’est un peu en stand by ces derniers temps, mon cerveau étant trop occupé à ruminer de noires pensées liées à ma douce vie de cadre sup.

Hier, j’ai vu les premiers essais de ma première maquette. J’en avais les larmes aux yeux. Pour vous mettre dans la confidence et en essayant de faire court, mon verrouillage de marché (ce qui fait que j’ai un avantage compétitif énorme par rapport à tous mes concurrents pas très nombreux) c’est que mes (futurs) livres ne contiennent que des photos et mon photographe (le meilleur au monde d’après moi), c’est mon papa. Après un joli bief rédigé par moi-même, son assistante-infographiste a commencé à travailler sur cette maquette.

Mes sentiments étaient très mitigés. Je suis très impressionnée car c’est la première concrétisation ‘visuelle’ d’une chose à laquelle je rêve depuis un long moment maintenant. Mais j’étais aussi un peu vexée parce que ce n’est pas moi qui l’ai fait. Je n’ai pas la prétention de me prendre pour une infographiste, c’est pas mon job mais je ne sais pas comment l’expliquer…ce n’est pas moi qui suis en train de poser les premières pierres de cet édifice.

C’est complètement idiot ce que je dis. En fait, il va me falloir apprendre la PiDiGi attitioude : déléguer et laisser chacun faire son job. Dur dur tout ça. En tout cas, ça me motive à m’impliquer beaucoup plus car là les choses ne dépendent plus uniquement de moi. Je vous montrerai dès que j’aurais plus d’éléments.

29 Commentaires 17.3.06 13:43, Commenter

Machine à remonter le temps

Etant donnée mon humeur exécrable de ces derniers temps, ma petite sœur m’a ressorti de je ne sais où un vieux CD que je n’ai pas écouté depuis au moins 10 ans pensant l’avoir perdu dans un déménagement. Ca m’a mis une pêche les amis.

I love him, I love him, I love him
And where he goes I'll follow, I'll follow, I'll follow
I will follow him
Follow him wherever he may go
There isn't an ocean too deep
A mountain so high it can keep
Keep me away

Je pense que j’ai trouvé la machine à remonter le temps. Ouah dans quoi ça m’a replongée ; d’étranges sensations d’il y a tellement longtemps que je désespérais de ne plus m’en souvenir.

Je me suis retrouvée debout sur mon grand lit les bras ouverts et hurlant de toutes mes forces : You know you make me wanna shout. Puis à genoux devant un parterre de peluches en délire :

Our life, our sweetness here below
Oh, oh, oh Maria
Our hope in sorrow and in woe
Oh, oh, oh Maria
Triumph all ye cherubim
Sing with us ye seraphim
Heaven and earth resound the hymn
Salve, salve, salve, regina
Oui je sais ce n’est peut-être plus de mon âge mais putain ce que ça fait du bien.

Et vous ? Je suis curieuse de savoir quels sont vos albums-machines à remonter le temps ? N’ayez pas honte, je ne rigolerai pas si quelqu’un me répond Dorothée.

(NB : il s’agissait de

 

et merci à ceux qui m'ont filé ce conseil il y a quelques temps)

 

 

21 Commentaires 15.3.06 13:36, Commenter

Revenons à nos moutons

Quoi de mieux pour remotiver les troupes qu’une bonne présentation aux équipes commerciales, notre force de vente surtout très forte pour ne pas vendre, quarante grands gaillards à qui expliquer la subtile différence entre une peau sèche, une peau grasse et une peau mixte. L’exercice de prédilection de la menteuse pro, la consécration !

J’aimerais bien savoir ce que ca donnerait si un jour je me pointais en disant la vérité : Bonjour et bienvenue à ce cours de pipeau. Vous voyez ce produit, si vos clients n’ont pas encore capté que nos concurrents sont bien plus compétitifs, expliquez-leur que ce produit c’est du vent. Un bel emballage et un tarif exorbitant pour un résultat pas plus efficace qu’un savon. Quand aux consommatrices complexées, dites-leur que la seule solution c’est la chirurgie esthétique. Merci pour votre attention. Si vous avez des questions gardez-les car je sais pertinemment que vous n’avez rien retenu de ce que je viens de raconter.

Ca c’est du politiquement direct !!!

28 Commentaires 13.3.06 13:49, Commenter